DIPLOMAIT INTERNATIONALE ET SOCIETE Par Dan Albertini Les rails et la raison

21 February 2013

Entre (). Frappe préventive, frappe agressive, frappe répressive, cette frappe a mis du retard. Israël a agi et nous sommes d’accord. Que Bachar réplique s’il a le courage. Fermons les ().

La Raison. Il ne faut pas se leurrer, ses rails trop larges pour certains, absentes pour d’autres.

Les Rails. Il faut être conscient, ils ont leur raison d’être. Elle se justifie chez certains, se condamne chez d’autres. Cependant, quand le raison démissionne du débat, il déraille. Heureusement, l’éloquence des archives sont une soupape de sûreté qui soutient la mémoire.

Des faits éloquents. J’ose citer en référence. Une des rares fois pour appuyer non ma thèse mais un ingrédient historique. Westmoreland. Le Général américain qui a perdu le Vietnam, de l’auteur Lewis Sorley. Il démarre par une citation extraordinaire : << Truth is like a threshing-machine ; tender sensibilities must keep out of the way >>. Herman Melville, The Confidence-Man. Je ne suis ainsi donc pas le seul à vouloir mieux s’outiller pour une meilleure performance. L’Hémisphère Ouest a vécu deux évènements qui ont eu lieu dans deux républiques distinctes. Nous comptabilisons quarante ans à partir de l’an prochain. Mars, sept. 1974. Nous voici février 2013, l’avenir d’ici là est-il prévisible ? Si l’Hémisphère n’est pas monolithique, les pronostics sont accordés et seront même précis. De là une importante question. Casimir-Kerry, Haïti est-elle capable de performer, conseiller l’Amérique, pour la paix en Israël, pour les affaires avec l’Iran, mieux que la doctrine McNamara et la précédente, Dulles ? Quel est notre vision républicaine ?
Ce sont là les bons offices en diplomatie, les affaires d’un génie intégral, global, la voie surélevée d’une économie transversale. L’incapacité nous condamnera par devant le Canada.

Westmoreland.

L’ouvrage évoque étonnamment ce secret d’une guerre perdue. Dévoile un chef d’état-major cordial dans ses fonctions, avec le profil de l’emploi (des boursiers haïtiens l’ont sûrement connu à West Point). Mais, un général moins gentleman au Vietnam, avec la notion Dulles. Rapatrié, politiquement évité sous Nixon/Kissinger, mais secrètement consulté. S’il était la source d’erreur - 16 000 à ½M de fantassins - de la chair à canon, le duo était mal inspiré. Mais, s’il y avait eu cruauté, ils étaient plutôt bien inspirés. Kissinger n’est-il pas accusé pour avoir fait bombarder 200 000 Viêt Công transitant vers le Cambodge ! Ce qui nous impose une lecture réaliste sur la personne, le missionnaire que nous avons en face. Kissinger se veut d’un real politic. Un étranger est un étranger.

Le chapitre 20-Heading Home aura beau vouloir lui offrir une nouvelle tribune post mortem, pour expliquer sa promotion, que Sorley ne pourra nier sa logique personnelle à travers cette citation : << maintain the offensive spirit >>. Soit, Nixon ne pouvait militairement envoyer un message aux communistes, qu’ils avaient évincé Dulles. De là exposer McNamara à une plus dure épreuve. Ou, politiquement à l’intérieur où il risquait de s’affronter en plus de fortes critiques d’autant plus que le Watergate plus tard, allait démontrer, non pas une intelligence supérieure, mais ses faiblesses profondes.

Nous savons tous que Barack Obama se battant aujourd’hui en faveur de l’économie domestique et globale, c’est le prix de l’échec du passé, spécifiquement Dulles repris par Bush post 11 sept. Et, dorénavant la faiblesse d’une guerre cybernétique conséquente limitée. Notre conception en outre, de la Géographie Cybernétique, l’explique. Mais, accordons-leur un crédit. Cette capacité à réagir rapidement. Le chapitre 20 l’illustre éloquemment quand le général Bruce Palmer conclut à un meilleur avenir à valoriser le Sud que de tenter de gagner tout seul sans allié. Dernier élément martelé par Obama lors de la dernière présidentielle.

Restons cependant sobres, la faiblesse serait nôtre, de confondre entre : acteurs de besoins fondamental, spécifique, technique ou scientifique. Et, de les placer à la mauvaise enseigne, d’abandonner l’objectivité dans notre analyse collective. Kerry plus tard !

Pourquoi cette évocation ? D’abord, l’exercice n’est pas de valider ou d’invalider ni de récupérer Wiseman, l’auteur de la chronique << Le Duvaliérisme sans Duvalier ne chemine pas sans encombre >>, Haïti Observateur / 22-29 mars 1974. Cependant, la logique de son point de vue propose (n’oublions que nous sommes en pleine période Kissinger, un Juif allemand naturalisé américain) d’une part, un besoin américain qui aligne la présence de Clinton, à l’époque citée, de l’ambassadeur Knox. Laquelle période s’assimile à la même absence de plan de gestion, de vision, de l’opposition. Ce sont des frasques politiques du secteur Lavalas qui ne s’est affranchi du monstre né du Duvaliérisme, JBA. Mais d’autre part, elle est interpellée, non pour une analyse historique, ce n’est notre métier, mais pour avoir déjà été dit dans le temps. Car, la rigueur politique se mesurera par l’attitude, comme d’un René Théodore de gauche qui bascule à droite quand le vent tourne, comme le font bien certains journalistes mercantilistes. Comprenons alors qu’évoquer des acteurs du passé pour Haïti, et, même des contemporains, ne consiste pas à insulter l’intelligence haïtienne mais à analyser des facteurs de réussite ou d’échec. De critiquer une pensée haïtienne qui a toujours mené vers la faillite sociopolitique et par incidence, économique.

Je reste donc critique par rapport à l’époque évoquée en entrevue avec Frantz Voltaire. Interrogeons alors les archives sur les dates citées plus haut.

Archives Haïti Observateur/22-29 mars 1974 : << Les Arabes vont ouvrir la vanne du pétrole >>. Vienne, 18 mars 74, les Arabes ont annoncé la fin de l’embargo. La Lybie et la Syrie, deux producteurs associés s’y sont opposés. 2013, les deux sont évincés, 2014, cette notion d’embargo pétrolier sera désormais écartée de la mémoire américaine. Ils s’y sont attelés, tant en diplomatie qu’en politique intérieure. C’était en économie.

Toujours en économie, en diplomatie et en société, 6-13 septembre 1974. << La gourde perd sa valeur, Panorama le confirme >>. 2013, nous sommes plus de 2M vivant à l’étranger sans projet de retour, la gourde n’a profité de cet atout pour se chercher une stabilité, par rapport à elle-même et sur le marché des devises. 2014, la notion de monnaie nationale n’aura récupéré sa valeur dans l’esprit des Haïtiens, la mémoire rejette même certaines effigies.

Je suis par contre persuadé que nous traversons un pan historique favorable. Nous devons idéalement convoquer des ingrédients interactifs de l’historicisme pour un meilleur pro forma de l’historicité. Retournons alors sur les rails. Toujours l’économie, la diplomatie et la sécurité. 2013, les Américains couvent la plus grosse dette mondiale jamais connue. Cependant, ils fonctionnement sur des rails standardisés où la raison nourrit l’espoir et le génie. 2013, Haïti y vit aux dépens et, de la bonté américaine d’accueillir des Haïtiens. L’espoir national a disparu pour cause de manque de raison et de raisonnement.

Si nos défis ne se juxtaposent, si les différences s’étalent disproportionnées, si les Américains déclarent la guerre au manque de génie, Haïti se retrouve, 209 ans après 1804, en panne de génie pour bâtir une nation solidaire au service du citoyen, de l’avenir. Le gouvernement est incapable de motiver la classe possédante à investir au pays dans le but de maitriser des industries. Au contraire, il pénalise les fabricants de plastiques au profit de l’importation sans favoriser la recherche d’une solution qui revitaliserait ce secteur. Le budget est pénalisé par la masse salariale et les folles dépenses. Les rails du développement qui traverserait l’île ne sont pas en définition. Si j’évoque une fois de plus les archives, << Lettre ouverte à une Génération >> de Loys Savain (22-29 mars 1974/Haïti Observateur), c’est dire que des avis ont été émis dans le temps par d’autre hommes, d’autres citoyens que nous avons malheureusement ignoré. Il citait 3 erreurs capitales du président Fignolé. Mais, plus spécifiquement la troisième : << qu’il faillait craindre les Grecs, même quand ils font des offrandes aux dieux >>. Nous sommes en face du même scénario et des probabilités. Celui que nous avons en face de nous est un singe dressé par Duvalier. À voir l’entourage immédiat, la nature des persécutions, c’est un Duvaliérisme sans Duvalier, récupéré par des acteurs internationaux qui n’ont de solutions pour nous, ni pour eux.

Qui sont ceux qui sont sur les rails, qui sont ceux qui sont dans la raison ? Un passé récent pourrait nous éclairer en ce sens.
À l’extérieur d’abord. 22-29 mars 1974/Haïti Observateur, vol. IV No 12. Firmin Joseph, secrétaire exécutif de The Haitian-Americain Citizens Society, Inc, signe une convocation pour une séance extraordinaire le 24 mars 1974. Objet : commémoration de la mort de Toussaint Louverture. Cela suggère évidemment une organisation mais flanquée d’un défaut innocent partagé à travers la Communauté Haïtienne Internationale. Mainmise, exclusivisme. La représentativité haïtienne. Réplique du scénario de Port-au-Prince. Même devenu Citizen. Mais, pour aller où, pour quel héritage ? Des recherches révèlent que Firmin meurt assassiné à NY, vers 1982-1984. Et, la clientèle est dispersée.
L’échec s’étend. H-O/23-30 septembre 1979 vol IX No 47 : << Vibrant message du président de la Ligue >>. C’était le vendredi 9 nov. 1979 à la radio : <IMG//> >. << Vu qu’il enseigne un sujet que la génération montante voit à travers un prisme >>. L’héritage de première ligne s’est dissout, la fille de Me. Gourgue est secrétaire d’état de Martelly. Quand Savain disait autrefois (H-O mars 1979), c’est la médiocratie qui trône ? De plus, Sylvio Claude, cause disparue. Jean-Bertrand Aristide, cause corrompue. Grégoire Eugène, cause perdue. Mannigat, cause mal entendue. Hubert Deronceray, cause rompue. Marc Ls. Basin, cause révolue. Serges Gilles, cause non plus. René Théodore, Jean-Claude Bajeux, cause déjà vue. Franck Etienne, Dieudonné Fardin, cause désaxée. Voltaire vit aujourd’hui ce vide sans Duvalier.

Post Martelly. Imaginons Kplim, après des décennies d’activisme. Formation adéquate nulle. Positionné en première ligne dans un exécutif. Il était de la partition de 1979, toujours d’après Voltaire, a écrit une pièce de théâtre, est de venu maire de Port-au-Prince. Quelle calamité à l’époque ! Eh oui, il ne savait même pas comment mettre en pratique le Protocole d’Accord élaboré par Claudel Toussaint relativement fonctionnaire à la ville de Montréal. Ce qui ne suggère pas une incompétence typiquement haïtien mais de l’affairiste politicien haïtien. Telle catastrophe aujourd’hui cette Énième avec Miky n’en justifie pas une autre. Pourquoi ?

Imaginons un instant maintenant le sénateur Kerry actuel Secrétaire d’état, en discussion avec son homologue haïtien, Pierre-Richard Casimir. Qui sont les deux hommes en face, les deux administrations attachées aussi et, quel rapport, pour quel chef d’Etat ! La simulation est pertinente puisque le scénario devra arriver après février même et se répéter à plus d’une fois durant l’année en cours. L’un, Kerry, influent, de par son apport au génie canadien, l’autre, espérant une bouée de sauvetage de l’ambassadeur Normandin dont la politique nationale n’a pas su gérer, d’après les minutes de la Commission Charboneau, environ 40 ans de corruption, d’intrusion économique criminelle de la mafia italienne, de passation frauduleuse de marché publique, etc. Ce sont en fait un sénateur aguerri qui était préparé pour la présidence des Etats-Unis et un avocat sans histoire qui, à la faveur de la sottise Lamothe, devient chef de diplomatie en Haïti. Les rails et la raison sont à ce jour, absents chez nous.
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