Go digital par Marit Fosse

30 April

Peu après la clôture du Forum Économique Mondial, gens d’affaires et autres rencontrèrent la presse et encouragèrent le citoyen à s’orienter vers la numérisation. La raison est très simple, a expliqué mon collègue : « Nous sommes à la croisée des chemins entre deux types de sociétés – l’ancienne société traditionnelle et la nouvelle société numérique émergente. »

Les périodes de transition ne sont jamais faciles, cependant, a-t-il poursuivi. Il y aura des gagnants et des perdants, c’est donc maintenant que nous devrions commencer à déterminer la société du futur. En France, le mouvement de protestation des gilets jaunes pourrait éclairer sur ce que nous verrons davantage à l’avenir. Au début, il ne faisait que protester contre la hausse du prix de l’essence. C’est désormais dépassé et pourrait même se transformer en partis politiques. L’une des revendications, c’est un système de démocratie participative différent. Le président français a lancé un «dialogue national», et bien que la plupart des gens ne s’attendent pas à des résultats, il pourrait s’avérer être plus salutaire que la plupart des gens s’y attendent.

En Norvège, le gouvernement vient de nommer le premier titulaire responsable du fait numérique. La Première ministre norvégienne, Erna Solberg vient de déclarer que la Norvège doit s’appointer pour la révolution numérique. Elle a donc nommé Nicolai Astrup, qui était ministre du Développement, à ce poste important. M. Astrup siège d’office au comité de haut niveau des Nations Unies pour la coopération numérique, créé par le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, l’année dernière. Le Comité réfléchit aux risques et aux avantages incroyables de la transformation numérique. Cela va sans dire que de nouvelles idées novatrices sont impératives. Exploitation des avantages, gestion des risques en cette ère numérique. Les banques norvégiennes commenceront à utiliser les robots pour donner des conseils aux gens, sur le comment et où économiser de l’argent en fonction de leur historique de dépenses. Alors, 2019 sera en apparence, la meilleure année !
Les neuroscientifiques vont forcément nous expliquer les voies du cerveau humain en matière d’adaptation : vélocité, découverte de limites vers les frontières de l’inconnu. Ce que fait d’ailleurs l’enfant qui part de nulle part pour apprendre en fondamental. C’est un autre modèle global qui prend naissance.

Entre temps, une étude récente publiée aux États-Unis par la Brookings Institution a montré que les robots et l’intelligence artificielle remplaceront jusqu’à un quart de la population active américaine dans les années à venir. Les robots ne remplacent pas tout le monde, mais le quart des emplois aux États-Unis sont gravement perturbés par l’accélération de l’automatisation du travail existant par l’intelligence artificielle. Le rapport indique en outre qu’environ 36 millions d’Américains occupent des emplois ‘’soumis’’ à l’automatisation - ce qui signifie qu’au moins 70 % de leurs tâches pourraient bientôt être exécutées par des machines utilisant la technologie en cours. Les emplois qui restent en grande partie indemnes de cette évolution seront ceux qui nécessitent non seulement une éducation avancée, mais aussi des compétences interpersonnelles, et, une intelligence et une maturité émotionnelles.

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Même si la question semble banale, il est impératif que nous la posions et que nous essayions d’y répondre : vers où nous dirigeons-nous après tout ? Personne ne le sait vraiment, mais orientons-nous en citant Martin Luther King : « Le progrès humain n’est ni automatique ni inévitable... Chaque pas vers l’atteinte de l’objectif de justice exige des sacrifices, de la souffrance et de la lutte; des efforts soutenus et la passion de personnes dévouées. »

Il ne suffit pas d’anticiper et de se préparer aux évolutions technologiques. En pensant à la façon dont nous participerons à la création de ce nouveau type de société émergente, nous devons exiger que la justice en fasse partie intégrante. La transition technologique ne suffit pas – on en a déjà amplement la preuve dans le monde d’aujourd’hui. Nous devons nous efforcer d’utiliser cette transition capitale pour créer le monde juste pour lequel Martin Luther King s’est battu et en est mort.

Cet article est publié en anglais par DIVA / International Diplomat Magazine et se trouve en P.4 à : http://internationaldiplomat.com/wp-content/uploads/2019/04/DIVA2No2019lowres2a.pdf