L’attaque lancée par la Turquie contre les forces kurdes

12 October

L’attaque lancée par la Turquie contre les forces kurdes au nord-est de la Syrie, a provoqué l’indignation de la Communauté internationale. La France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Belgique ont fermement condamné l’offensive et demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, sans parvenir pour autant à un consensus sur un texte qui satisferait tous les membres, notamment la Chine et la Russie, très proches d’Erdogan.

Si les Européens redoutent que l’offensive turque ouvre la voie à une résurgence de Daesh, Antonio Guterres, extrêmement préoccupé par la situation des refugiés en provenance de Syrie, a tenu à rappeler les risques qu’une telle action militaire fera peser sur les populations civiles.

Face aux critiques quasi-unanimes, y compris parmi ses plus fidèles alliés, le président américain s’est empressé de déclarer: « si la Turquie fait quoi que ce soit dont j’estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l’économie de la Turquie ». Une mise en garde qu’il a réitérée le jour suivant, appelant Erdogan à agir de manière « rationnelle » et aussi « humaine » que possible. “Si le président turc mène cette opération « de manière injuste, il paiera un énorme prix économique », a-t-il cru bon d’ajouter.

A Washington, Lindsey Graham, sénateur républicain et Chris Van Hollen, sénateur démocrate, ont travaillé sur une proposition qui pourrait sanctionner le régime d’Ankara si l’armée ne se retire pas de Syrie et ont promis de faire payer « très cher » l’offensive turque envers les Kurdes, alliés des Etats-Unis, qu’ils jugent abandonnés par Trump. La proposition demande le gel des avoirs aux États-Unis des plus hauts dirigeants turcs, y compris du président Erdogan, des restrictions à l’octroi de visas américains ; un embargo sur les ventes d’armes américaines et étrangères à Ankara ; des mesures punitives contre le secteur énergétique turc et la mise en œuvre sans délai des sanctions liées à l’achat des S-400.

A l’Onu, le texte devrait être rediscuté et remanié au cours du weekend afin de satisfaire la Russie et la Chine. Pendant ce temps, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) l’assaut turc aurait fait à ce jour, 15 morts dont 8 civils et jeté sur les routes des "milliers de déplacés" qui fuient les zones bombardées.

Célhia de Lavarène,
11 Octobre 2019