Interview exclusive avec Makaila N’GUEBLA, ancien conseiller aux droits humains du Président du Tchad.
Diva international diplomat : vous êtiez un ancien conseiller aux droits du Président de la Transition du Tchad. Pourquoi, vous avez quitté le Tchad ?
Makaila N’Guebla : j’ai répondu à l’appel de la main tendue après la mort tragique de l’ancien Président Idriss Deby. Ce qui m’a permis de rentrer au Tchad pour constater de visu si l’ouverture démocratique est effective. Malheureusement, j’ai fini par déchanter parce que sur le volet droits humains et libertés, la situation s’est empirée avec la repression généralisée des citoyens, l’interdiction des manifestations par des ordonnances liberticides, des arrestations arbitraires et illégales, les exécutions extra-judiciaires et autres violations des droits humains. J’ai fini par comprendre que l’ouverture démocratique a été un faux espoir pour le peuple tchadien. Suite à la suppression de mon poste de conseiller à la Présidence, je me suis dit que la volonté du pouvoir est de museler les acteurs non-gouvernementaux et institutionnels, c’’est pourquoi, j’ai décidé de quitter le Tchad pour la France afin de remobiliser la communauté internationale sur l’échec de la transition politique dans mon pays.
Diva international diplomat : Pourquoi vous êtes à Genève ?
Makaila N’GUEBLA : je suis à Genève sur invitation de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme (RADDHO), ong africaine à vocation internationale, accréditée auprès des Nations Unies. Elle m’a invité pour consultation sur un certain nombre des questions en Afrique et dont le Tchad. Mais aussi de rencontrer certains rapporteurs spéciaux qui interviennent sur la situation du Tchad.
Je vais profiter de mon séjours pour présenter la gravité de la situation des droits humains et des libertés qui se dégradent au Tchad et solliciter de la part de certains acteurs internationaux une attention particulière afin que les autorités tchadiennes ne soient pas perçues comme des gens respectueux de leurs engagements internationaux sur les droits humains. Bien au contraire, le Tchad risque de connaître un retour à la dictature des années 70 et ce qui n’arrange ni le pouvoir, ni le peuple encore moins la communauté internationale représentée dans le pays et qui observe dans une totale passivité cette détérioration des droits et libertés fondamentales. L’heure est grave et invite à l’implication massive de tous les acteurs soucieux de construire un Etat de droit et la démocratie au Tchad
Diva international diplomat : quelles sont selon vous, la sortie de la crise au Tchad ?
Makaila N’GUEBLA : vue l’inquiétude que traverse le Tchad marquée par le rétrécissement de l’espace civique et politique, il est urgent pour la Communauté internationale de faire preuve d’une fermeté à l’encontre du régime tchadien. Elle doit exiger des autorités tchadiennes le respect élémentaire des droits fondamentaux totalement bafoués dans le pays par des pratiques abusives et de tirer les conséquences de l’échec de cette transition politique du Tchad.