« Les Algériens du Levant » quand un historien fait surgir un continent oublié de l’histoire méditerranéenne

12 July

Avec « Exils algériens au Levant. L’histoire de la famille Mograby, entre migration, mémoire et identité effacée », publié aux Éditions L’Harmattan, Abdallah S. Mograby rouvre un chapitre longtemps demeuré aux marges de l’historiographie, celui des Algériens partis vers la Palestine, la Syrie, le Liban et la Jordanie à la suite de la conquête coloniale française. À travers une enquête où se croisent archives, mémoire familiale et histoire politique, l’auteur éclaire une géographie oubliée de l’exil algérien et fait apparaître, derrière le destin d’une famille, tout un pan méconnu de l’histoire contemporaine du Maghreb et du Levant.

Il est des livres qui ne se contentent pas d’ajouter une page à l’histoire connue. Ils en déplacent les lignes, en interrogent les angles morts, en rouvrent les silences. L’ouvrage d’Abdallah S. Mograby appartient à cette catégorie rare. Sous l’apparence d’une enquête familiale consacrée à la trajectoire des Mograby, l’auteur met au jour une histoire plus vaste, plus enfouie, presque absente des récits nationaux, celle des Algériens du Levant, ces femmes et ces hommes qui, à partir du XIXᵉ siècle, quittèrent une Algérie bouleversée par la conquête française pour chercher refuge dans les territoires de l’Empire ottoman, puis dans les sociétés tourmentées du Proche-Orient moderne.
L’histoire algérienne a longtemps été pensée selon deux grands axes : celui de la colonisation française et celui de l’émigration vers la France. Dans cette lecture, la Méditerranée apparaît souvent comme un espace orienté vers le nord, vers Marseille, Paris, les usines, les foyers de travailleurs, les luttes anticoloniales et les mémoires de l’immigration. Mais une autre direction existe, moins étudiée, moins racontée, presque effacée : celle qui mène vers l’est, vers la Palestine, la Syrie, le Liban, la Jordanie, ce vaste ensemble que l’on nommait autrefois le Bilad al-Cham, les Pays du Levant ou la Grande Syrie historique.

C’est cette route oubliée qu’Abdallah S. Mograby entreprend de restituer. Non comme une simple curiosité généalogique, mais comme une voie essentielle pour comprendre autrement l’histoire des déplacements algériens, des appartenances brisées et des identités reconstruites. Car ces exils ne furent pas de simples migrations. Ils furent souvent la conséquence de ruptures profondes : dépossession foncière, bouleversement des structures sociales, perte des repères juridiques et religieux, refus intime de l’ordre colonial. En quittant l’Algérie, ces familles ne disparaissaient pas de l’histoire. Elles entraient dans une autre histoire, où leur mémoire allait pourtant devenir de plus en plus difficile à saisir.

L’originalité du livre tient d’abord à cette intuition. Les Algériens du Levant ne sont pas une note de bas de page. Ils constituent un phénomène historique à part entière, inscrit dans les circulations méditerranéennes, les recompositions impériales et les fractures du monde arabe contemporain. À travers eux se lisent les effets de la colonisation française en Algérie, les dynamiques d’accueil de l’Empire ottoman, les transformations du Levant sous mandat britannique et français, puis le choc de la Nakba de 1948. Le parcours de la famille Mograby devient ainsi une sorte de fil d’Ariane reliant Mascara à Haïfa, Haïfa à Saïda, l’Algérie colonisée à la Palestine perdue, la mémoire familiale à la grande histoire.

Ce qui frappe, dans cette démarche, c’est la patience de l’enquête. Abdallah S. Mograby ne se contente pas de recueillir des souvenirs. Il les confronte à des archives, les éprouve, les replace dans des contextes politiques et juridiques précis. Documents familiaux, registres consulaires, actes de propriété, sources ottomanes, archives françaises, anglaises et arabes, l’auteur avance dans un territoire documentaire morcelé, où chaque trace compte, où chaque nom retrouvé devient une preuve contre l’effacement. À ce titre, son travail ne relève pas seulement de la mémoire. Il relève d’une véritable archéologie historique.

Cette archéologie est d’autant plus précieuse qu’elle touche à des populations longtemps prises dans des zones grises. Les Algériens installés au Levant furent parfois sujets ottomans, parfois protégés français, parfois assimilés à des Nord-Africains sans distinction précise, parfois absorbés dans les sociétés locales jusqu’à devenir presque invisibles comme groupe identifiable. Leur histoire s’est dispersée dans plusieurs langues, plusieurs administrations, plusieurs systèmes juridiques. Elle ne se trouve jamais dans un seul lieu. Il faut la reconstituer en traversant les frontières, les langues, les archives, mais aussi les silences. Dans cette perspective, « Exils algériens au Levant » n’est pas seulement le récit d’une famille. C’est un livre sur la manière dont l’histoire se perd. Et sur la manière dont elle peut être retrouvée.

Quand une histoire familiale devient une histoire du monde

Il arrive parfois qu’un historien entreprenne une recherche pour répondre à une question intime, avant de découvrir que cette interrogation dépasse largement le cadre de sa propre famille. C’est précisément ce qui semble être arrivé à Abdallah S. Mograby.

À première vue, « Exils algériens au Levant » pourrait apparaître comme l’histoire d’une lignée familiale. Celle des Mograby, dont les racines plongent dans l’Algérie du XIXᵉ siècle avant de se prolonger en Palestine, puis au Liban à la suite de la Nakba. Pourtant, dès les premières pages, le lecteur comprend que l’auteur poursuit une ambition infiniment plus vaste. Derrière le destin d’une famille se dessine progressivement celui de milliers d’autres, emportées par les mêmes bouleversements politiques, les mêmes violences coloniales, les mêmes déplacements contraints. Cette démarche rappelle que les grandes découvertes historiques naissent souvent d’une enquête minutieuse sur un territoire apparemment limité. À partir d’un village, d’une communauté, d’un individu ou d’une famille, l’historien parvient parfois à restituer les mécanismes profonds d’une époque. Ce passage du particulier au collectif constitue l’une des réussites majeures de l’ouvrage.

Le parcours personnel d’Abdallah S. Mograby explique en partie cette sensibilité aux trajectoires de l’exil. Né au Liban au sein d’une famille algérienne installée depuis plusieurs générations au Levant, il grandit dans un univers où la mémoire circule d’abord par la parole. Les récits des anciens, les noms des villes perdues, les souvenirs de Haïfa, les évocations de Mascara composent très tôt une géographie affective qui ne correspond à aucune frontière politique contemporaine. Plus tard, installé en Australie, où il obtient un doctorat en économie avant d’exercer comme chercheur et consultant en politiques publiques entre Sydney et les Émirats arabes unis, il porte sur cette mémoire un regard nouveau : celui d’un chercheur formé aux méthodes de l’analyse, mais conscient que certaines vérités historiques échappent aux seules statistiques.

Cette double culture, scientifique et mémorielle, irrigue toute son œuvre. Elle explique également la singularité de son regard. Là où d’autres auraient pu se satisfaire d’un récit familial, Abdallah S. Mograby entreprend une véritable enquête historique. Pendant de longues années, il collecte patiemment des documents dispersés entre plusieurs continents, confronte les traditions orales aux archives administratives, compare les registres consulaires, les actes de propriété, les archives religieuses et les correspondances diplomatiques. Peu à peu, les fragments épars d’une mémoire familiale prennent place dans une histoire beaucoup plus vaste, celle des migrations algériennes vers les provinces arabes de l’Empire ottoman.

Cette méthode constitue sans doute l’une des grandes qualités du livre. L’auteur ne cherche jamais à faire de sa famille une exception. Au contraire, il la considère comme un observatoire privilégié permettant de comprendre un phénomène historique demeuré largement invisible. Les Mograby deviennent ainsi les représentants d’une histoire collective, longtemps dissoute dans les récits nationaux de plusieurs États.

L’ouvrage s’inscrit également dans un mouvement historiographique plus large qui, depuis plusieurs décennies, s’attache à retrouver les acteurs oubliés de l’histoire. Après les paysans, les ouvriers, les femmes, les minorités ou les communautés déplacées, ce sont ici les diasporas algériennes du Levant qui retrouvent leur place dans le récit méditerranéen. En ce sens, Abdallah S. Mograby ne se contente pas de compléter notre connaissance du passé. Il modifie notre manière de le regarder.

Car l’une des qualités essentielles de ce travail réside dans sa capacité à déplacer le regard. L’histoire de la Méditerranée n’apparaît plus comme une succession de récits nationaux indépendants, mais comme un vaste espace de circulations, d’exils, de solidarités, d’influences réciproques et de mémoires partagées. L’Algérie, la Palestine, le Liban, la Syrie ou la Jordanie cessent d’être des histoires parallèles ; elles deviennent les différentes expressions d’une même histoire méditerranéenne, traversée par les empires, les colonisations, les migrations et les résistances.
C’est probablement là que réside la véritable portée de ce livre. En restituant une mémoire familiale, Abdallah S. Mograby contribue à restituer une mémoire collective. En racontant le destin d’une famille, il redonne une voix à toute une communauté historique qui semblait avoir disparu des archives autant que des consciences.

Une méthode qui renouvelle l’écriture de l’histoire

La véritable singularité « d’Exils algériens au Levant » ne réside pas uniquement dans son sujet. Elle tient tout autant à la méthode employée par son auteur. Car ce qui distingue le travail d’Abdallah S. Mograby des nombreuses publications consacrées aux mémoires de l’exil est la volonté constante de soumettre chaque récit, chaque souvenir, chaque tradition familiale à l’épreuve des archives.

Cette exigence donne au livre une profondeur particulière. Nous ne sommes pas devant une autobiographie familiale enrichie de quelques documents, mais devant une enquête historique conduite avec une remarquable patience, où chaque hypothèse est confrontée aux sources disponibles, chaque témoignage mis en perspective avec les contextes politiques, administratifs et juridiques de son époque. Cette démarche est d’autant plus remarquable que les Algériens installés au Levant n’ont laissé que peu d’archives constituées. Leur histoire est dispersée entre plusieurs États, plusieurs langues et plusieurs administrations successives. Pour la retrouver, il fallait accepter de parcourir un véritable archipel documentaire. C’est précisément ce qu’a entrepris Abdallah S. Mograby.

Au fil des années, il a réuni une documentation provenant d’horizons extrêmement divers : archives françaises, britanniques, ottomanes et arabes, registres consulaires, documents religieux, actes de propriété, correspondances administratives, registres successoraux, titres fonciers, archives familiales, photographies anciennes, cartes, témoignages oraux, jusqu’aux fonds de la Bibliothèque nationale de France et de la prestigieuse Bibliothèque du Congrès à Washington. Rarement un sujet aussi méconnu aura nécessité une telle dispersion des sources.
Cette multiplicité documentaire n’est pas un simple effet d’érudition. Elle répond à une nécessité historique. Les migrations algériennes vers le Levant traversent plusieurs souverainetés, plusieurs systèmes juridiques et plusieurs régimes politiques. Comprendre le parcours d’une famille comme les Mograby suppose de naviguer entre les archives de l’administration coloniale française, les registres des tribunaux ottomans, les documents du mandat britannique en Palestine, les archives religieuses musulmanes, mais aussi les traditions orales conservées dans les familles.
L’historien devient alors un véritable passeur entre des mondes documentaires qui, jusqu’ici, dialoguaient très peu. C’est sans doute là que réside l’apport scientifique majeur de cette recherche. Depuis plusieurs décennies, les historiens savent que les archives officielles, si précieuses soient-elles, ne disent jamais toute l’histoire. Elles reflètent d’abord le regard des pouvoirs qui les produisent. Les archives coloniales racontent la colonisation ; elles parlent beaucoup moins des expériences vécues par les colonisés. Les archives administratives enregistrent des statuts, des biens, des déplacements ; elles laissent souvent dans l’ombre les liens familiaux, les solidarités, les appartenances et les mémoires. Abdallah S. Mograby renverse cette logique. Il ne cherche pas une archive qui viendrait confirmer un récit déjà construit. Il fait dialoguer des archives qui, jusqu’à présent, étaient restées séparées les unes des autres. C’est dans leur confrontation que surgissent des vérités nouvelles.

Un registre consulaire français éclaire un acte religieux ottoman ; un document foncier retrouvé à Haïfa complète un souvenir transmis à Saïda ; une photographie familiale prend tout son sens lorsqu’elle est rapprochée d’un acte de succession ou d’un registre cadastral. Peu à peu, chaque pièce documentaire cesse d’être un simple document : elle devient un fragment d’une histoire beaucoup plus vaste. Cette méthode permet surtout de restituer ce que l’on pourrait appeler la géographie réelle de la diaspora algérienne au Levant. Car derrière les trajectoires individuelles apparaissent progressivement des réseaux entiers de familles, de commerçants, d’artisans, de propriétaires, d’enseignants, de religieux ou de pèlerins qui participent pleinement à la vie économique et sociale des villes du Levant. Haïfa, Acre, Jérusalem, Damas, Beyrouth, Saïda ou Amman cessent d’être de simples étapes biographiques : elles deviennent les différents chapitres d’une même histoire méditerranéenne. Cette géographie humaine constitue probablement l’une des découvertes majeures de l’ouvrage.

Mais le travail d’Abdallah S. Mograby ne s’arrête pas là. Alors même que paraît « Exils algériens au Levant », le chercheur poursuit déjà une nouvelle étape de ses investigations. Un second ouvrage, actuellement en préparation, viendra prolonger cette recherche par l’exploitation systématique d’un ensemble exceptionnel d’archives ottomanes et religieuses jusqu’alors très peu étudiées. Cette nouvelle enquête promet d’apporter un éclairage inédit sur l’installation des migrants algériens dans les différentes provinces du Bilad al-Cham (en français Les Pays du Levant), en reconstituant avec une précision remarquable leurs parcours résidentiels, leurs acquisitions immobilières, leurs successions, leurs activités commerciales, leurs alliances matrimoniales, leurs rapports avec les autorités locales ainsi que les modalités concrètes de leur intégration dans les sociétés ottomanes.

Parmi ces documents figurent notamment des actes successoraux d’une richesse exceptionnelle, tels que celui concernant Khalil al-Mograby, dressé par le tribunal religieux de Haïfa en 1902. À travers l’inventaire minutieux d’une maison, la répartition d’un héritage ou la désignation des héritiers, ce ne sont pas seulement des biens qui réapparaissent ; c’est toute une société qui retrouve peu à peu son visage. L’histoire cesse alors d’être abstraite. Elle reprend corps. Elle retrouve des adresses, des quartiers, des familles, des métiers, des voisinages, des voix. C’est précisément ce passage de l’archive à la vie qui donne à l’œuvre d’Abdallah S. Mograby sa dimension profondément humaine. Son travail ne consiste pas seulement à retrouver des documents oubliés. Il restitue à des milliers de femmes et d’hommes la place qui leur revient dans l’histoire du monde méditerranéen.

Un ouvrage appelé à devenir une référence

Il existe des livres que l’on lit une fois avant de les ranger sur une étagère. Et il en est d’autres qui deviennent peu à peu des compagnons de recherche, des ouvrages de référence vers lesquels on revient inlassablement, parce qu’ils continuent d’éclairer des questions nouvelles, de susciter des rapprochements inattendus et d’ouvrir des perspectives que l’on n’avait pas perçues lors de la première lecture. « Exils algériens au Levant » appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

L’ouvrage d’Abdallah S. Mograby ne se limite pas à raconter le destin singulier d’une famille ni même celui des Algériens établis au Levant. Il invite à repenser la place des migrations dans l’histoire contemporaine, à interroger les frontières entre mémoire familiale et histoire collective, à comprendre comment les archives peuvent redonner une existence à des femmes et des hommes que les grands récits avaient laissés dans l’ombre. En révélant l’itinéraire des Algériens installés en Palestine, en Syrie, au Liban et en Jordanie, il ouvre un chantier historiographique dont on mesure déjà l’importance. Plus encore, il démontre qu’il reste, au cœur même de notre histoire méditerranéenne, des territoires entiers à explorer, des archives à faire parler et des mémoires à restituer.

Cette œuvre prend aujourd’hui une résonance particulière à l’heure où les sociétés s’interrogent sur les migrations, les diasporas, les appartenances multiples et les héritages partagés. Elle rappelle que les déplacements des peuples ne relèvent pas seulement de la géographie ou de la politique, mais qu’ils façonnent durablement les cultures, les identités et les imaginaires.

Le prochain ouvrage annoncé par Abdallah S. Mograby, consacré à l’étude approfondie des archives ottomanes relatives aux migrants algériens au Levant, laisse entrevoir l’ampleur d’un programme de recherche appelé à renouveler durablement notre connaissance de cette histoire. Il viendra sans doute confirmer ce que ce premier livre laisse déjà entrevoir : l’histoire des Algériens du Levant n’est pas une parenthèse de l’histoire contemporaine ; elle en constitue l’un des chapitres encore largement méconnus. Il est des ouvrages qui accompagnent une époque. D’autres traversent le temps. « Exils algériens au Levant » possède toutes les qualités de ces livres que l’on garde à portée de main dans sa bibliothèque, non pour le seul plaisir de les avoir lus, mais parce que l’on sait qu’on y reviendra. À chaque nouvelle interrogation sur les migrations, sur la Méditerranée, sur la colonisation, sur la Palestine, sur les diasporas ou sur les chemins complexes de la mémoire, ses pages continueront d’offrir des repères, des documents, des analyses et des pistes de réflexion.

C’est sans doute le plus bel hommage que l’on puisse rendre à un travail d’historien : écrire un livre qui ne s’épuise pas après sa lecture, mais qui devient, au fil des années, un compagnon fidèle de la connaissance. Par la rigueur de sa recherche, l’ampleur de sa documentation, la richesse de ses sources et la profondeur de sa réflexion, Abdallah S. Mograby signe un ouvrage majeur. Un livre appelé à compter parmi les références essentielles de celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Algérie, du Levant et, plus largement, à cette Méditerranée où les destins des peuples n’ont jamais cessé de se croiser. Les grands livres d’histoire ne se contentent pas d’expliquer le passé ; ils modifient notre manière de regarder le présent. « Exils algériens au Levant » est de ceux-là. Fatima Guemiah.

« Exils algériens au Levant »
Traduit de l’anglais par Akila Dbichi
Docteur en philosophie politique et chercheur à l’Université Paris
Préface par Stéphane Douailler
Professeur émérite de philosophie Université Paris 8

Parution le 05/03/2026
Editions L’Harmattan
www.editions-harmattan.fr;

Biographie
Abdallah S. Mograby a grandi au Liban avant d’émigrer à Sydney, où il a obtenu un doctorat en économie. Chercheur et consultant en politiques publiques, il a exercé entre l’Australie et les Émirats arabes unis. Issu d’une lignée d’Algériens installés au Levant depuis l’époque coloniale, il inscrit son travail à la croisée de l’histoire, de la mémoire et de la diaspora. Auteur de « De Djurdjura à Carmel » (2015), il poursuit ici avec « Algériens du Levant », une réflexion sur l’exil, l’appartenance et la transmission des mémoires algériennes au sein du monde arabe. Son écriture chemine entre les rives du temps et de la mémoire, là où la perte se transforme en passage, et où les racines dispersées retrouvent, par la parole, le chemin du retour.